Archives pour la catégorie L'expédition (année 1967)

Extrait de la page 18 du bulletin d’information n° 22 (novembre 1967) :

C’est durant la deuxième partie des opérations qu’a eu lieu, le 15 août à 00:15 TU, un accident qui s’est produit dans les circonstances  suivantes :
Les deux hélicoptères venaient de terminer la liaison gravimétrique pour le groupe géophysique du Camp VI à la côte, et les travaux de rattachement géodésique à la côte pour le groupe de géodésie A ; ils regagnaient Carrefour après avoir déposé à Camp VI le personnel du groupe de  Géodésie A.
Sur le  parcours Camp VI - Carrefour, à 8  km de l’arrivée, l’hélicoptère de tête, piloté par le lieutenant J. Marescot, trompé par une mauvaise visibilité (white out) volait trop bas; il a heurté le sol, a rebondi et s’est écrasé à 70 m du point d’impact.
L’hélicoptère a été totalement détruit, mais les deux occupants, J. Marescot et le mécanicien G. Soulié, n’ont eu que des contusions légères. Il n’y avait aucun matériel scientifique à bord.
Le deuxième hélicoptère s’est  immédiatement posé sur les lieux de l’accident, a  pris à son bord J. Marescot et G. Soulié et les a  conduit à Carrefour. Dès leur arrivée les deux accidentés ont été examinés par le docteur Rivolier, qui n’a constaté aucune lésion grave et a prodigué les  soins nécessaires.
Les démarches ont été immédiatement effectuées à Paris auprès du Ministère des Armées pour obtenir l’envoi au Groenland d’un autre hélicoptère. Cet appareil a été embarqué le 24 août à bord d’un Nord 2.501, et est arrivé à Sondre Stromfjord le 26 août.

Le white-out, c’est quand tout est blanc, donc on ne sait plus où se situe l’horizon, on est dans la ouate.
Voici la définition par “The Weather Network” :
Whiteouts are not the same thing as blizzards that obscure visibility. Real whiteouts occur mostly in the Arctic and Antarctic during the spring, when snow is still deep on the ground and there is lots of daylight and surprisingly calm weather and excellent visibility. Polar whiteouts occur when rays of sunlight are bounced in all directions between bright white clouds, especially a thin layer of overcast and bright snow or ice. Clean snow and ice reflects nearly 85% of incoming light. Falling snowflakes, suspended fog droplets or ice particles in the air would make conditions even worse.
In a true whiteout, neither shadows, nearby objects, landmarks, nor clouds are discernable. All sense of direction, depth perception and even of balance may be lost. Land and sky seem to blend, and the horizon disappears into a white nothingness. Someone said you feel you are drowning in milk or it’s like being inside a Ping-Pong ball. Whiteouts can trick pilots into believing that down is up, while travellers can be tricked into believing that far is near.

Je vous parle :

  • d’un temps où on ne connaissait pas le Global Positionning System,
  • d’un lieu et d’une saison où le soleil ne se couchait pas.

Alors comment se positionner et s’orienter sur notre planète Terre, au délà du cercle polaire arctique, sur un ”océan” de neige ?

en cours …

Extrait de la page 25 du bulletin d’information n° 22 (novembre 1967) :

Le convoi “Dye 2 - Crête”, sous la direction de Lucien Faivre, a quitté Dye 2 le 29 avril 1967 à 10:00 heures, composé des groupes suivants :

  • Groupe de Géodésie A
  • Groupe de Géodésie B
  • Groupe Médical Mobile
  • Groupe de Météorologie.

Ce convoi a été arrêté pendant plusieurs jours à 80 km au nord de Dye 2 par un incident mécanique. Il est arrivé au point Inter 1,  à 200 km au nord de Dye 2, le 8 mai, où il a reçu un largage d’essence.
Il a continué sa route sur le point Inter 2, où il a reçu un nouveau largage d’essence le 14 mai.
A ces 2 points Inter 1 et Inter 2, un dépôt d’essence a été constitué pour le ravitaillement du convoi de retour en fin de campagne 1968.

Selon la chronologie des opérations les “scientifiques” ont rejoint Søndre-Strømfjord, du 19 au 21 avril, depuis Paris, Munich et Franckfort.

paris_kobenhavn_sondre-stromfjord.jpg Søndre-Strømfjord est situé juste au Nord du cercle polaire arctique.

Le cercle Arctique est l’un des cinq parallèles principaux indiqués sur les cartes terrestres. Il s’agit du parallèle de 66° 33′ 39″ de latitude nord, la latitude la plus méridionale sur laquelle il est possible d’observer le soleil de minuit.
Le soleil de minuit est un phénomène auquel on peut assister lorsqu’on se trouve dans les régions Arctique ou Antarctique, au-delà des cercles polaires, où le Soleil peut être visible pendant 24 heures consécutives.

egigii_groenland_decouverte_1.jpg Je découvre le Groenland par la côte Est.

sondre-stromfjord.jpg Le fjord de Søndre-Strømfjord mesure environ 150 km de long.

CHRONOLOGIE DES OPÉRATIONS

  • 6, 29, 30 mars - départ de 3 Nord 2501, transportant du matériel à destination de Søndre Strømfjord

  • 7, 21, 28, 30 mars, 6, 11, 18, 19, avril - départ des techniciens EPF et des arrimeurs largueurs à destination de Søndre Strømfjord

  • 8 mars - 29 avril - préparation du matériel à Søndre Strømfjord et à Dye 2
    mise en place du personnel et de ce matériel  sur l’Inlandsis à Dye 2, à l’aide des C130 de l’armée américaine

  • 6 avril - suite à une tempête particulièrement violente, destruction de deux caravanes à Dye 2

Je laisse à Georges Gadioux, mécanicien du groupe de géodésie A (allemand) et membre du soutien logistique vous conter ce qui s’est passé :

Je vais essayer de vous narrer un fait qui s’est déroulé au Groenland au début de l’E.G.I.G 1967, d’une façon relativement humoristique malgré sa gravité. En effet l’issue aurait bien pu être dramatique. Pour parodier l’écrivain Saint Loup, ( La montagne n’a pas voulu, La mer n’a pas voulu, le ciel n’a pas voulu) je pourrais l’intituler :« L’Ice Cap n’a pas voulu » 

Nous avons tous entendus nos anciens, grands-pères, pères  :« De notre temps, à notre époque nous n’avions pas les mêmes moyens, le même confort …c’était autrement plus difficile » Chez certains polaires il en est de même. En résumé tout a été défriché, exploré, vécu, il ne nous reste plus rien à espérer. Les grands frissons, basta !  Il est heureux que les choses se soient améliorées. Et bien je vais tenter de vous prouver le contraire : les situations extrêmes sont toujours de mise.  

Lorsque j’ai fait la connaissance des  E P F, et des anciens « polaires », j’écoutais avec intérêt les récits anecdotiques les plus marquants. Mon écoute était respectueuse, identique à celle, que j’observais devant les anciens qui me relataient leurs faits d’armes ou autres exploits, dans l’atelier de mon père où ils se donnaient rendez-vous les jours de pluie. J’avoue que j’en ai entendu de sévères et ce dans tous les domaines. 

Confidence pour confidence, certains « géants de 48 » ou autres sédentaires ne me donnaient pas du tout l’envie d’aller dans ces régions hantées  par les « toupideks »  ou ces climats extrêmes, pas plus que d’aller combattre sauf nécessité. D’autres ont su me convaincre et c’est ainsi que je me suis retrouvé au Groenland au sein d’une équipe formidable.(Mais cela je le découvrirais plus tard) composée d’anciens, (d’autres géants de 48) et de jeunes. Si je vous dis que je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, vous me croirez car la majeure partie d’entre nous a vécu la même chose et est tombée sur son séant (nous employons un autre terme dans nos salons) à l’instant même de son arrivée sur le terrain.Embarquement, à Orly le 7 mars 1967 ( déjà 40 ans nous sommes donc des vieux nous aussi !) sous la direction de Paul-Émile VICTOR, objectif Sondre-Stromfjord via Copenhague. Certains d’entre nous ne réalisent même pas, malgré la présence de la télévision et nous embarquons à bord de la Caravelle, « Quercy » comme dans le bus de la ligne douze . Pour beaucoup c’est leur baptême de l’air. La majeur partie des membres de l’équipe ont été accompagnés par leur famille, femme, enfants … Je ne me souviens pas avoir lu la moindre émotion sur quelconques visages. Nous y allons comme en 14 ! En mars à Paris hormis la pluie, les conditions climatiques ne nécessitent pas des tenues vestimentaires spéciales. A vingt trois ans « on bouillonne » surtout lorsque l’on fait le voyage aux cotés d’une belle et sympathique Danoise ! (French lover) C’est donc en petits mocassins avec un imperméable sur le dos que je suis parti à la conquête du Pôle Nord.  Par contre lorsque vous sortez de l’avion dans cette tenue de « kablouna » par –32° toutes les consignes sont obsolètes. La bande de pieds tendres se précipite dans le hall de l’aérogare. En quelques secondes le froid m’a traversé la fine semelle de mes « en attendant »  telles des aiguilles. Quelques minutes de plus et c’est la congélation assurée ! Un seul but, une seule priorité récupérer mon sac pour chausser mes après-skis. Dans le hall de l’aérogare je constate que les indigènes, les naturels,  ont opté pour une tenue vestimentaire plus adaptée. Je crois même lire dans leurs regards une certaine forme d’ironie. (Là aussi nous avons l’habitude de dire : Ils se foutent de notre gu…) Nous sommes hébergés par la base US de BW8 (Blue West N° 8). Installation à hôtel « Caribou » ça ne s’invente pas ! Ici nous bénéficions du statut officier. Excellent confort si ce n’est une température ambiante élevée. Nous passons de - 32° à + 24° le temps de traverser un sas. Une chose attire mon regard en entrant dans la chambre. Il y a de la toile moustiquaire aux fenêtres ! Première réaction « ils sont fous ces Américains ». Un court passage au bord de mer en Juillet me fera comprendre la nécessité de cette protection, anti- Maringouin. Donc durant trois semaines nous allons préparer la mise en place du matériel qui sera acheminé sur l’ice cap par avion LC 130 du « squadron Stratégique Air Command ». Nous révisons aussi trois Weasel acheminés en 1964 lors d’une mission préparatoire. Ce n’est pas le Club Med mais presque coté « totore » , comme disait le regretté ToTo, certes made in US mais super calorique. Des breakfasts à damner un saint ! Prendre 7kg en trois semaines tout en travaillant dur et dans des conditions dénuées de tout confort, no comment. Je passe sur cette période et venant en aux faits. 

Le 1er avril, après avoir effectué plusieurs aller-retour sur Dye 2, où nous avons déjà débarqué des Weasels, des caravanes et des traîneaux, est le point de départ de l’E.G.I.G. Un groupe de 5 hommes part définitivement pour organiser la réception du matériel et de la logistique. C’est « l’ancien » qui est  le responsable, Lucien Faivre plus connu sous le pseudo LULU. En effet il a 60 ans mais une pêche ! Le « commando » se compose essentiellement de mécaniciens, Michel BENARD, (compagnon de Cousteau) Jacques SELLIER, (Routier sympathique) Jacques DOMINICONI (il déjà participé à la précédente EGIG), et moi. DYE 2 est point stratégique US, (N’oublions pas que nous sommes toujours en période de « guerre froide ». Les Etats Unis ont ceinturé l’URSS d’un dispositif  gigantesque de sécurité. A Dye 2 est installé une base radar impressionnante un des éléments de la DEW Line) Durant ces vols j’ai eu le temps de sympathiser avec un pilote, son prénom Georges,il était écossais ( enfin j’espère qu’il est toujours !) Il parlait parfaitement le français et nous nous retrouvions le soir au mess. Sa particularité, il plantait le drapeau écossais dès l’atterrissage effectué, dans un support réservé à cet effet en ouvrant une glace du cockpit.  Puis aussi le Cdt Prokofief, très solide Américain, mâchouillant en permanence un énorme cigare. Nous installons le camp à 1 km environ du radar. Les véhicules, caravanes, traîneaux ne sont pas stockés de façon bien établie. Orientation face au vent dominant, et espaces suffisants pour éviter autant que faire se peut l’enneigement et les congères. Nous l’apprendrons à nos dépens. Constitution d’un dépôt regroupant les vivres et toutes les caisses « mussy » contenant les matériels nécessaires au bon déroulement de l’expédition, stock d’essence. Aux E P F c’est bac plus, licence ès caisses ! Nous recevons plusieurs avions par jour en fonction de leur disponibilité et des conditions météorologiques. Ce LC 130 Hercule, une merveille, plusieurs pages seraient nécessaires pour le décrire. Et je n’évoque pas les qualités des pilotes. Une parenthèse au sujet du marquage des caisses, je découvre une méthode parfaitement efficace permettant une identification parfaite. Ainsi chaque groupe pourra venir s’approvisionner sans problème en passant le long du dépôt.Ici nous commençons, je parle au nom des « jeunes », à réaliser dans quelle aventure nous nous sommes engagés. Tout d’abord le ressenti face à l’immensité de ce désert blanc. J’ai l’impression d’être une fourmi sur le plateau du Vercors. Mauvais exemple car elle, elle se trouve dans un terrain hostile certes mais qui lui est habituel et connu. Elle a donc des moyens pour se défendre. Personnellement je me sens, disons un peu paumé. Le froid est omniprésent, ici le thermostat marche à merveille, dehors, dans les véhicules, dans la caravane la température est à deux ou trois degrés presque identique. A cette période, c’est le printemps (si si !) Nous tutoyons et égalons le –40°. Même une brise aussi légère soit-elle décuple l’action du froid sur les individus dont certains se demandent ce qu’ils sont venus faire dans ce coin perdu. Pour les béotiens ( !) sachez que lorsque le thermomètre indique – 40° si le vent est de 40 km/h la température est équivalente à – 75°. En septembre 2006, la température de –80° a été enregistré à Concordia . Ce jour là le vents n’était que 18 km/ h soit une température de –105° !. Inutile de s ‘appesantir, tous ceux qui ont fait des raids connaissent me direz-vous. Oui mais, pour moi , pour nous, c’est notre baptême ! Je me souviens de notre première soupe « Royco » aux vermicelles, excellente de surcroît, servie bouillante et qui en quelques minutes refroidissait dans l’assiette. « Mangez les p’tits,  vous parlerez après » ainsi s’exprimait Lucien avec son accent de titi parisien. Il avait raison, déjà le gras se transformait en petites boules de graisse congelées sur les bords de l’écuelle. Le 5 avril, dans l’après midi le LC 130 atterrit malgré une visibilité restreinte. Le vent ne cesse d’augmenter engendrant un chasse-neige prenant de plus en plus d’importance et de hauteur. Dans cet avion un nouveau groupe vient nous rejoindre. Il est constitué pour la majeure partie de l’effectif de GT1, entendez par-là Groupe de Transport 1. Groupe dirigé par Robert GUILLARD alias TonTon, et chef des Opérations. Depuis 1949 c’est lui le chef ! Il se trouve lui, encore à Paris, puisqu’il rentre de Terre Adélie. (Et oui  comment voulez vous posséder un tel palmarès : 44 missions si vous n’êtes pas en permanence entre Dumont d’Urville et le Groenland  !). Nous les conduisons à leur caravane pendant que le LC 130 disparaît dans un brouillard de neige. Il utilise ses « JATO » pour décoller sur une distance restreinte. Pour les nouveaux, pas de soucis, parmi eux Maurice SEBBAH radio de son état et qui a participé comme Lucien aux raids en Terre Adélie. Donc automatiquement, ils ont connu pire ! Le vent ne cesse de forcir et en bon responsable, Lucien nous invite à rejoindre notre caravane. Tomorrow  will be another day . Et comme disent les Groenlandais « Silla siglo to nalaket » ce qui signifie en français : Seul le temps et les glaces sont maîtres .Si les autres caravanes sont parfaitement ou presque garées, la  nôtre  se situe au milieu du camp. Mon Weasel est placé à quelques mètres, à l’arrière afin de fournir l’électricité. Les 12 volts nous permettent de nous éclairer et éventuellement d’alimenter un engin, que dis-je, une bête à chagrin, le réchauffeur Schneebeli-Chabaud sensé comme son nom l’indique réchauffer l’atmosphère. Nous en avons  connu qui ont marché, (non, chauffé, un peu), nous avons surtout vu des gens de bonne volonté se réchauffer en tentant justement de les faire fonctionner avec la crainte de les voir exploser. Si vous voulez c’est un peu comme le chauffage de la 2CV, moins il fait froid plus il est efficace. Il deviendra pour certain un passe temps favori reléguant les mots croisés, le tarot aux oubliettes. Ce fût, La Schnnebeli mania, les poussant même à squatter la vaisselle pour le repérage, le classement des pièces minuscules. Déviation poussant un de nos « Toubib » à une veille accrue de crainte de se voir à intervenir pour une ingestion accidentelle d’éléments que dis-je de corps étrangers indigestes. La partie se jouant sur une durée indéterminée et dépassant parfois la semaine. Le nôtre reste pour le moment très discret. Nous préparons le repas à l’aide des excellentes rations mises à notre disposition. Le terme ration n’est pas exact d’ailleurs puisque plus qu’abondante et d’une très grande qualité. Terme donc antinomique lorsque l’on a mangé les rations militaires, quelles soient européennes ou musulmanes.(Rappelez-vous les jeunes celles avec le croissant et l’étoile). Un seul point commun , les biscuits de guerre qui par cette température n’ont pas augmenté leur pouvoir d’imbibition. Je les trouve aussi dur qu’en Algérie. Dehors le vent souffle de plus en plus fort, et la visibilité est pratiquement nulle. Tiens les anciens  

auraient donc raison ! Nous ne voyons plus le radar pourtant distant d’un kilomètre. Le service terminé, nous nous engouffrons dans nos duvets. La caravane dispose de cinq couchettes. Avec l’expérience la cinquième sera vite abandonnée, cinq dans 8m2 nous admettrons que cela est un peu juste. Personnellement je ne tarderai pas à m’installer dans mon véhicule. Les efforts physiques, l’altitude, (nous sommes à plus de 2000 mètres) sont des raisons suffisantes pour que nous puissions nous endormir rapidement. Mais après quelques heures de sommeil, le bruit du vent et surtout les oscillations dues aux rafales de vent qui agissent comme des coups de boutoirs me réveillent. Il est deux heures environ. Je constate que mes camarades ont quitté aussi les bras de Morphée. Lucien nous assure que ce n’est rien, qu’au Groenland ça ne dure pas et que le vent est bien moins violent qu’en Antarctique. J’aimerais le croire, nous aimerions le croire. A cet instant nous n’avons aucune crainte, nous avons entendu déjà de nombreuses fois : « Dans de telles conditions tu restes dans ton duvet et tu attends que cela se passe. En allant sur Charcot nous sommes restés bloqués plus de quinze jours !». Nous avons des vivres qu’un gentil volontaire accommodera le moment venu. Je m’assoupis. Les coups de bélier transforment notre caravane en wagon traversant un réseau d’aiguillages avant sa réfection. Si si c’est tout à fait notre ressenti. Rappelez-vous lorsque vous êtes debout dans un wagon aux heures d’affluence dans une rame de métro ou d’un train de banlieue, un bras levé vers un tube chromé, une sangle de cuir ! Et puis le vent augmente de puissance, il est 4 heures du matin. Soudain la caravane se soulève et retombe brutalement. Lucien n’a pas terminé de dire : « Faudrait se lever les gars » que je suis déjà tombé de ma bannette, et  dans mes « Lauge Kock ». En quelques minutes je Le radar début de la tempêtesuis prêt, Michel est à mes côtés. Les autres poursuivent leur équipement. Lucien nous demande de sortir et d’essayer de brêler, d’attacher la caravane au Weasel. Go, nous sortons.  Le vent arrive en plein travers, il nous arrache la poignée de porte des mains. La porte heurte violemment la cloison. Imaginez-vous ouvrant la porte d’une caravane tractée par un voiture à 120 km/h et plus. Ensemble nous conjuguons nos efforts et parvenons, arc-boutés  à la refermer. Inutile de vous préciser que cet instant aussi court soit-il a considérablement refroidi l’atmosphère de notre « sweet home ». Il est important de préciser que dans de telles conditions climatiques, le moindre interstice est synonyme d’une colonisation par la neige. Celle-ci, par la force du vent se transforme en poudre pulvérulente. Imaginez avec une porte ouverte, la neige a tout envahi. Nous avons beaucoup de difficultés à nous tenir debout. Il est pratiquement impossible de s’entendre. Nous sommes collés contre la caravane. Je fais un signe à Michel, direction le Weasel qui n’est qu’à un mètre derrière moi, légèrement décalé.Au moment ou je ne bénéficie plus de l’appui de la caravane je me sens emporté. Tel J. B. Ellisalde derrière la mêlée du XV de France je plonge en avant et m’accroche au câble d’acier lové à l’avant du véhicule. Ouf ! Rétablissement et toujours luttant contre le vent je parviens jusqu’à la porte avant gauche du Weasel. J’ouvre et entre le plus rapidement possible à l’intérieur. Je mets quelques instants à recouvrer mes esprits. J’ai le visage couvert de neige. Comme toilette matinale, super, ça réveille son homme. Je m’essuie avec un bout de chiffon.  La réaction ne se fait pas attendre. Une sensation de brûlure succède à celle du froid. Puis, soudain,  je réalise que Michel n’est plus avec moi. J’essaie de le localiser, personne ! Il est bon de préciser que la violence du vent est telle que la caravane n’est visible que de façon sporadique. C’est bien le blizzard, vous avez dit blizzard comme c’est blizzard! ( oui je sais elle est aussi vieille que les polaires !) Je me dis qu’il a du retourner dans la caravane. Me voici seul dans le véhicule, il semble que le froid est plus important dans cette carcasse d’acier. Une sensation identique comme lorsque l’on ce trouve dans une voiture l’hiver. Je m’installe sur le siège conducteur, j’actionne le balai d’essuie-glace manuellement en espérant bénéficier d’une meilleure visibilité, échec et mat !Les mouvements latéraux du véhicule sont impressionnant. Malgré son poids, 2.350 kg, le vent inflige ses mêmes coups de bélier qu’à la caravane. Mais là je me sens plus en sécurité. Une idée me vient à l’esprit, et si je démarrais le moteur je pourrais réchauffer l’habitacle. Ce n’est pas un Airbus A380 mais je suis malgré tout la procédure avant la sollicitation du démarreur. J’ouvre la trappe de visite permettant de sortir la jauge d’huile et là surprise. Le compartiment moteur est totalement rempli de neige et ce de façon compacte. Les anciens avaient raison, cette putain de neige s’infiltre partout. Je lève le capot moteur et constate que tout est rempli, magnifique moteur de neige. C’est bien la première fois que je rencontre un moteur aussi blanc .Il m’est impossible d’intervenir : je n’ai que mes mains. Tous mes outils sont encore dans le traîneau, déneiger oui mais où mettre la neige ? Si j’ouvre une porte le vent me renverra tout dans la figure plus la neige qu’il soulève. Les bouchons de vidange du caisson permettant l’évacuation des liquides sont à leur place., caisson étanche oblige. Donc si je pouvais mettre en route le moteur, je ne pourrais évacuer l’eau provenant de la neige fondue. Je referme tout et constate que le vent souffle toujours plus fort. Je m’assois sur le capot moteur. Mes jambes sont moins en contact avec l’acier et la sensation de froid diminue. La température doit être aux alentours de –30°.  Je regarde au travers du pare-brise (il porte bien son nom aujourd’hui celui la !) C’est inimaginable la quantité de neige qui passe entre mon véhicule et la caravane que je peux apercevoir brièvement de temps en temps. Pour votre information il y a des scientifiques, qui passent leur temps à prélever avec une sorte de manchon (épuisette étanche) la neige emportée par le vent. Croyez moi aujourd’hui , à l’instant « T » ils auraient rempli outre le manchon mais son contrat. Puis soudainement  j’entends la poignée de la porte tourner, c’est quoi le Yéti, un Toupidek ? Deux camarades s’engouffrent dans le Weasel. Ils escaladent la paroi qui sépare le poste de conduite de l’arrière. Ils retirent la sorte de capuche de leur habit et je constate qu’il s’agit  de Lucien et de Jacques Dominiconi. « Alors  ça va ? Et Michel où est-il ? » me demande Lucien  constatant que je sui seul dans le véhicule.Et je lui raconte ce qui s’est passé. « Bon dieu, il s’est perdu, il n’est pas dans la caravane il n’y a plus que Sellier qui préfère attendre »Nous-nous regardons tous les trois sans un mot. Je ne peux croire que Michel se soit perdu.  Lucien et Jacques sont assis sur le caisson arrière. Le temps passe et la tempête fait rage. No comment. J’ouvre légèrement la fenêtre droite, sous le vent, car en passant par-dessus le siège, Jacques a donné un coup de pied dans l’extincteur et une partie du CO2 s’est répandu dans le véhicule. Le volume de l’habitacle fait environ 5 m3 ! Rien à boire évidemment, la boisson serait gelée ! Il y a une boite de sucre, une tablette de chocolat à moitié dévorée et quelques paquets de biscuits de guerre. Qui a mis cela dans le véhicule ? Je ne sais mais nous pourrons manger un peu. Lucien m’offre une cigarette. Je n’ai pas l’habitude de fumer à jeun mais pour une fois ! Lorsque j’allume sa cigarette je vois des larmes qui coulent sur ses joues. « Il est foutu s’il a continué à marcher, il est foutu, on ne résiste pas longtemps par un temps pareil, c’est de ma faute ». A cet instant je prends conscience de la gravité de la situation. Car voir Lucien pleurer je ne l’aurais jamais cru. Son expérience, sa carrière en on fait du moins je le croyais un roc. Je change de place et m’assois sur le coffre à batteries, à droite du moteur. Je regarde la caravane qui bouge de plus en plus. « Lucien regardez (il n’y a que quelques personnes comme lui au EPF que je n’ai jamais pu  tutoyer, par respect tout simplement) je crois qu’elle va « cabaner » . Le patin gauche se soulève de plus en plus, puis elle retombe. Les minutes et les heures passent et brutalement je vois la caravane se coucher sur le côté droit. « Oh merde pourvue que Jacques ne soit pas blessé ! » S’exclame Lucien. « Enfin maintenant elle ne pourra pas aller plus loin ». Je n’ai pas peur mais je pense que nous sommes  fichus ! Car si la tempête dure plusieurs jours, dur dur. Nous ne pouvons plus retourner dans la caravane dans laquelle nos duvets et la nourriture se trouvent. Impossible de boire, c’est comme qui dirait mal barré. Mais je ne veux pas croire à la loi de Murphy, elle n’est pas pour nous, pas aujourd’hui. La visibilité est toujours aussi mauvaise, nous dans le véhicule sommes toujours secoués comme le cognac, le curaçao et je ne sais quelques autres composants dans un shaker. Le cocktail ici est particulièrement relevé. Bizarrement aucun d’entre nous n’évoque son ressentiment.  Avec le recule, je pense que notre inexpérience nous a aidé. Une sorte d’inconscience peut-être, même le froid ne nous angoisse. Certes nous sommes à l’abris du vent mais dans un congélateur réglé pour le moment à –30° et n’effectuant aucun mouvement. Vers 10 heures, toujours depuis mon poste d’observation il me semble apercevoir une forme inhabituelle sombre qui contraste avec la couleur de la caravane. C’est bien un homme qui progresse avec difficulté, il est presque à « quatre pattes », il avance vers le véhicule. Puis :«  Ils sont deux, ils arrivent ». Ils sont encordés avec je ne sais quoi. Je ne peux distinguer qui de quoi ! Je me précipite vers la porte latérale arrière droite, l’ouvre et tire le premier qui se présente. Il tourne la tête vers moi en tombant sur le plancher du véhicule « C’est Michel ! » puis vient Jacques. OUF nous voici de nouveau tous ensemble. Lucien retrouve son sourire. Une nouvelle cigarette couronne l’évènement. Puis Michel nous raconte ce qu’il a vécu et comment il a organisé leur sortie. Sacré Michel tu es un drôle de mec. Et il nous raconte :« Quand je suis sorti derrière JoJo, je l’ai vu plonger vers le Weasel, je me suis cassé la gueule et je ne savais plus où j’étais, j’ai suivi les consignes, tu ne bouges pas avant de pouvoir te repérer. Entre deux rafales j’ai aperçu la caravane., j’ai rampé vers elle. Je me suis retrouvé à l’opposé de la porte. Tout cela a demandé un certain temps. Puis j’ai fait le tour pour retrouver la porte. Quand je suis rentré, il ne restait plus que Jacques à l’intérieur ! C’était impressionnant la façon dont le vent la secouait. (Il a employé un autre terme que je ne peux retranscrire !) aussi impressionnant que le typhon à bord de la Calypso dans le canal du Mozambique. (Et oui c’est qu’il a bourlingué le bougre, le spécialiste des soucoupes avec Cousteau)Nous avons plié les duvets, rangé la caravane au cas ou  (prémonitoire !) et puis un premier choc, nous avons senti  quelle se levait et « bingue » elle retombe, puis c’est reparti mais cette fois nous la sentons vraiment prendre une forte gîte. On a pris la table et les tabourets sur la gueule malgré les précautions prises. (Tout était prévu, un peu comme dans un navire, durant le cheminement pour brêler le matériel).  Je ne vous raconte pas le chantier, je crois qu’il y a de la casse. Alors j’ai décidé après un moment de réflexion de tenter une sortie. Marcher sur les cloisons ce n’est pas mon truc. Et puis sans vous !!!! Afin de ne pas rencontrer le même problème que lors de ma première sortie, j’ai déchiré les rideaux des bannettes pour en faire une corde, notre fil d’Ariane en quelques sortes. (photo ci-dessus)L’expérience, (ma parole il se prend pour un ancien) nous nous sommes encordés et sommes sortis par la trappe d’aération du toit. (Un trou de 40 x 40 cm, en plus c’est une anguille).  Et nous voilà ! , Ça va vous ? »  Et nous partons dans une grosse rigolade. Tout est bien qui finit bien. Lucien tente de nous rassurer car nous nous demandons combien de temps cela va durer. Nous évoquons la présence des autres camarades dans leur caravane, et surtout les Américains et les Danois bien au chaud dans le radar. Nous savons qu’ils ne peuvent rien pour nous. Si leur matériel peut repérer une fusée du 14 juillet lancée du fin fond de la Sibérie, il est incapable de repérer cinq gugus qui risquent de devenir des héros polaires à un kilomètre de distance. Nous ne « réfléchissons » moins qu’une fusée Russe ! Puis il semble que le vent perde de sa puissance. Le ventre vide, sans mouvement nous avons tous froid malgré notre équipement. Et enfin vers 17 heures nous pouvons sortir de notre congélateur. La visibilité quoique réduite est suffisante pour aller vers la caravane de nos camarades. Nous la repérons grâce à la vapeur qui s’échappe de la trappe d’aération. Je suis avec Michel en tête de cette Méharée polaire. Homo Camelus dromedarius, c’est un peu notre profil dans cette progression luttant contre le vent. Leur caravane n’a pas cabané, elle a glissé et est venue s’appuyer sur un véhicule. Je frappe et ouvre la porte, je suis à genoux, comme ivre. Nous n’avons rien mangé, rien bu depuis 24 heures et d’avoir été secoués dans cet espace exigu n’arrange rien. La température ambiante est presque suffocante car positive.  Nos amis sont hilares quand nous leurs racontons notre histoire. Ils ont bien caché leur émotion ! Pas de pitié pour les braves. Ovomaltine, café, casse-croûte, bière … en quelques minutes nous rattrapons le temps perdu.Plus tard un véhicule américain vient vers nous, le chef du radar vient s’enquérir de notre santé. Il nous demande s’il y a des victimes. Il n’en revient pas. « Nous avons observé votre camp en permanence et nous avons vu vos caravanes se renverser et deux ont explosé, détruites « incredible, my god !  Nous avons enregistré des rafales de 180 km/h, je n’avais jamais vu cela ici. Nous avons immédiatement alerté BW 8 ! »  (En effet la hauteur du blizzard était à peu près la même que celle des véhicules. Ils pouvaient donc nous voir) 

« Mais quoi qui dit l’Américain ! : des caravanes explosées ? » (Nous apprendrons par la suite, et il me le confirmait il y a encore  quelques jours, que l’alerte avait bien été lancé par l’officier Américain. Robert Guillard était alors en transit à Copenhague lorsque les autorités Danoises se mirent à sa recherche dans l’aéroport de Copenhague Kastrup pour l’informer qu’une tempête s’abattait sur Dye 2 et que les membres de l’expédition étaient en danger.)                                          Intérieur de notre caravane 

« Tu m’étonnes si nous étions secoués ! » me dit Michel . Il est trop tard, demain nous verrons le problème en entier. Nous remettons malgré tout notre caravane sur ses skis. Mais quand nous rentrons à l’intérieur, allez il faut appeler les choses par leur nom : quel merdier, les placards se sont ouverts et tout  

est sans dessus dessous, vaisselle, conserves, table, duvets, matelas, nos sacs . Comme la trappe est restée ouverte, il y a de la neige partout ! Je n’ai pas de photo, seulement un bout de film pour en témoigner. Grâce à la magie de l’informatique j’ai réussi à extrait quelques clichés de mon film. Il ne faut pas perdre de temps, balayage, rangement, vérification de l’installation 

 du gaz, (on ne sait jamais il ne manque plus qu’une explosion ! avec Michel nous avons connu cela en Antarctique en 1973), préparation de repas et couché vers 22h30 il fait nuit. Ce qui a sauvé notre caravane se sont les caisses « mussy » qui se trouvaient derrière, elles ont fait office d’amortisseurs. Et la flèche d’attelage n’a donc pas défoncé la paroi avant.Le vent est totalement retombé, la température aussi d’ailleurs ! Nous pouvons nous endormir. Le lendemain vers 7 heures nous prenons notre petit déjeuner et partons à travers le camp. En effet il manque deux caravanes à l’appel, dont la numéro 13. Qui a dit que c’était un chiffre porte bonheur ! Certaines se sont déplacées,   des congères se sont formées autour d’elles, autour des traîneaux et des véhicules. Certains traîneaux sont ensevelis, tous évidemment sont remplis en plus de leur chargement de neige. Le dépôt lui, a carrément disparu. Nous allons rapidement apprendre que la pelle est la meilleure alliée du polaire. Avant de rejoindre les autres pour remettre de l’ordre dans le camp et déneiger tout, Michel, Jacques et moi nous attelons à déneiger les moteurs de quelques véhicules qui nous seront rapidement indispensables. Cette tâche prend plusieurs heures car il est indispensable de tout nettoyer. Le ventilateur, la génératrice sont bloqués, tout le système électrique est recouvert. Le trou   Restes d’une caravane, la table, la gazinière                        d’admission d’air pour le refroidissement du moteur  

totalement rempli de neige. C’est presque un m3 de neige compacte à extraire de divers endroits exigus et difficiles d’accès. Impensable de mettre en marche sinon la neige va fondre et l’eau provoquer des courts circuits et des pannes. Mieux vaut faire les choses correctement. N’oublions pas et signalons pour les lecteurs ne connaissant pas nos chers Weasel que ce sont des engins datant de la dernière guerre donc ne bénéficiant pas de tous les équipements modernes. Nous mettrons plusieurs jours à remettre tout en ordre. Nous rechercherons plusieurs jours les caisses de batteries de rechanges. Nous retrouverons les vestiges de nos caravane détruites. Hormis le châssis tout est broyé, les morceaux de carrosserie font moins d’un mètre carré, les tabourets les tables tout est cassé. Même la gazinière est inutilisable. Nous avons vraiment eu de la chance. Le terrain ressemble à un vrai champ de bataille. Puis les avions reprennent leurs rotations, les autres membres débarquent à leur tour. Résultat ? Plus de peur que de mal. Cet incident retardera le départ des opérations de plusieurs jours. Des autorités Danoises et Américaines nous rendrons visite pour se rendre compte de la situation. Ils repartirons convaincus dans un état éthylique avancée que les « Frenchies » sont en forme. Certains militaires de US Air Force étaient persuadés qu’ils devraient lancer une « rescue » pour nous récupérer avant la fin de la mission. De nous voir partir avec des engins de la guerre de 1940.  Is Crazy the french men.   Trois groupes se dirigent vers Carrefour, à 400 km environ au Nord. Nos quatre groupes montent sur Crête à 600 km Nord Est. La vraie aventure commence. Plusieurs milliers de kilomètres à 5km/h de moyenne nous attendent. Deux camarades préféreront ne pas poursuivre et seront rapatriés en France. Cet incident a contribué à crée une solidarité entre nous. Une équipe s’est formée autour du « Chef ». D’ailleurs certains et certaines, ne l’ont-ils pas, n’ont-elles pas baptisé, La bande à Tonton ! Pendant plusieurs années nous avons effectué d’autres raids, campagnes d’été ou hivernages. Seules les années, et surtout les cheminements divers de chacun ont érodé quelque peu cette fraternité, cette amitié. Mais c’est toujours avec joie et émotion que nous nous retrouvons.  

  • Photos de : Karim Karsten, géodésien allemand et de moi (les photos provenant du 8 mm ne sont pas d’excellente qualité, désolé.
  • Inlandsis : Calotte glaciaire du Groenland entourée de montagnes.
  • Ice Cap : Idem
  • E G I G : Expédition Glaciologique International au Groenland.
  • E P F : Expéditions Polaires Françaises.
  • Géants de 48 : Les membres de la 1er expédition au Groenland s’étaient baptisés ainsi et avaient même pris comme chanson : Le grand Metting du métro parisien.
  • Toupidek : Monstre imaginaire dans les légendes Groenlandaises hantant l’Ice Cap.
  • Kablouna : Homme blanc 
  • Lauge Kock : nom d’un des explorateurs danois contemporain donné à des bottes
  • JATO : Jet Assisted Take Off
  • DEW Line : Distant Early Warning Line (pour en savoir plus, cliquez içi )
  • En attendant : Nom que donnent les Africains aux chaussures confectionnées à l’aide de bout de pneus ou chambres à air en attendant d’avoir assez d’argent pour acquérir de vraies chaussures.
  • Maringouin : gros moustique qui infeste les régions Arctique ; ils sont des milliers et d’une férocité…. Certains Caribous succombent sous leurs morsures au cours de leur transhumance.